Je découvre un artiste avec un «sensible» qui m’était jusque là inconnu.

Une prise « qui veut dire » ; reprise au fil de ses dizaines de toiles exposant nos états de mobilité.

« De l’autre côté… », titre de l’exposition, fait miroir entre le «dedans» et le «néant». Pas entre «l’ici» et le «là-bas».
Des sens qu’on serait amené à chercher, on ne trouvera que les accidents, parfois violents de la mobilité qu’enfantent les ruptures sociales.
Le regard de Sandiry porte. Très loin en l’homme. Seul ou en communauté. Mais toujours en présence du monde. Nous ne pouvons, en aucune situation, être seul.
Qu’est-ce qui est si étranger à notre humanité et nous pousse à «sortir» ? Sortir de nous ? Sortir de notre tête ? S’extirper de nos foules ? Rompre avec notre animal de désir ?

A-corps.
Abîmes dans les transparentes eaux goulues d’enfances.
L’artiste fait motif : la visibilité du mouvement est contenue dans plusieurs raisons qu’il colorie au fil des toiles.
Avec « de l’autre côté.. », nous sommes dans l’emmêlement de déterminations et la fragilité de nos corps finalement reliés qu’au RIEN.

Et si l’ailleurs n’était fait que de désillusions ? d’une mobilité transparente de mélancolie ?

Très belle exposition présentée par Typic Art Galerie de Omar Diack qui, au besoin, nous rappelle l’éternité de notre effondrement si nous nous entêtons dans l’inhumanité.

Partout où l’homme ira, il se rencontrera et fera face à ses fantômes.
Seule le courage d’une affection commune nous sauvera.