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Senegal : Animating democracy

Le Sénégal, à en pas douter, parachève, par ce conflit ouvert entre le Palais et l’édile de la Ville, une étape cruciale de sa marche vers une démocratie améliorée : la transparence dans la gestion des deniers publics. De la plus haute à la plus modeste des stations, les citoyens exigent, parce qu’on prétend agir en leur nom,  que les maisons soient de verre.

A quel prix ?

La culture politique, nous la comprenons comme tous les modes et manières d’être des communautés avant que ses filles et fils ne se disputent le leadership ;  “l’acte par lequel un peuple est un peuple” dira Rousseau ; car cet acte, antérieur à celui par lequel un peuple élit un leader, est le vrai fondement de la société. Le peuple sénégalais en a indéniablement à forte valeur sociale et humaine.

L’allégorie d’une arène aime à être donnée, quand il s’agit de la politique.

Mais qu’est-une arène dans nos modes et manières d’être ? Un champ de lutte. Pas de guerre. “Sippiro” en peulh (se mesurer), “beru” (s’isoler, dans l’idée du face à face) en walaf ou mbapp (faire tomber, affaler). Toujours en présence de la foule. Juge et témoin de la régularité des joutes. Parce qu’à y vaincre dans l’aspérité, on y triomphe sans gloire.

L’arène politique ne peut donc être un champ où haine et désir de détruire trouvent la moindre place. Ruses, malices et feintes peuvent cependant y avoir cours. Et cela ne peut durer que le temps de la joute. Tout coup en dehors est abus et génère antipathie.

Dans l’affaire citée plus haut, considérons les joutes comme ouvertes ; ruses et feintes permises. Avant et pendant la lutte. Si cependant le camps du Palais réussit à rendre l’adversaire inapte au combat, plusieurs incommodités  : les citoyens (une partie) et leur combattant sont privés de leur droit et, pire, il n’y aura simplement pas “empoignades”.  Tout triomphe y est alors sans gloire.

Un héritage à réinterroger.

La gouvernance, telle qu’elle a cours ici, est importée ou copiée de modèles qui ne semblent pas nous correspondre. L’esprit de la royauté, héritage encore présent, nomme le Président avec tous les attributs royaux d’une cour. Il en est de même des autres élus aux autres instances. Ils (elles) sont ceux et celles vers qui le peuple accourt toutes les fois que les besoins du quotidien les empoignent. Dans un pays classé parmi les plus pauvres du monde, avec des pics de chômages chroniques, il serait miraculeux qu’il n’en soit pas autant.

Ce qui peut alors sauver, ce sont l’intégrité, la pudeur et l’humanité du leader. Faire passer la patrie avant famille, partisans et amis. Se rappeler qu’un serment a été prêté devant Dieu et les citoyens. A défaut, comme le soutient Aïssa Hireche” élevés dans le culte avilissant des hommes et des noms, ils ne se rendent pas compte qu’ils encouragent l’iniquité et protègent l’injustice et, grandis dans la génuflexion, ils n’en sentent même pas le mal qui ronge leurs genoux. Ces peuples-là acquiescent à tout, généralement avec sourire, mais comme l’injustice et l’iniquité, à force de mal faire, finissent toujours par faire mal, alors ces peuples finissent souvent par se rebeller”.

Oumar Sall


Afrique du Sud : mémoire de rien

Etre tué en Afrique du Sud parce qu’on est immigré.
Dans les hostels (anciennes ha bitations des mineurs) des faubourgs de Soweto où vivent près de 4 millions de personnes, la violence qui y avait régné en mai 2008 est sans nom. Pendant que des immigrés étaient chaleureusement assassinés par certains, d’autres leur volaient téléviseurs et électroménagers. (Lire plus…)


Qu’est-ce qu’une minorité ?

Quand le développement n’est plus humain, la notion de minorité change et concerne cette foultitude de citoyens que le sort oblige à toujours aller chercher le gain plus loin. Dans cette brutale intrusion de la mobilité dans les familles,  c’est la notion même de “foyer” qui s’interroge.

La minorité est aujourd’hui le symobole de toutes les majorités soumises au culte de l’accumulation, de l’augmentation, de la croissance. En marge de cette “majorité de l’avoir”, vit (survit) une minorité de “l’être”. Des générations entières de femmes et d’hommes que les chiffres ont fini d’évaluer, d’indiquer sur des courbes et de maquiller sur des graphiques.

Une majorité qui ne compte pas. Avec laquelle on ne compose qu’en mode “abosrbant” de biens et services générés par la majorité économique qu’est ce groupuscule de “top 10” ou “top 100”. “Top 1000” au mieux, sur 3 milliards d’êtres. Trois petits milliards, minoritaires en tout, cliquant et brillances au soleil.

Alors, disparait tout rêve de paix durable. En toute parcelle de l’humain, pousse haine et violente révolte face au mépris et à l’ignorance de la très petite “majorité” accumulant. Si certains choissisent de partir, loin, très loin, préférant des “majorités” moins voisines, d’autres se résignent aux lieux d’appartenance et affrontent, par tous les moyens, la violence immatérielle subie. Le rêve de toute paix devient alors hypothétique et engendre un “complexe des minorités”.

La “majorité” mise au minimum s’arme alors de mythes et légendes les plus complexes, construits par des femmes et hommes pas anonymes. Un complexe d’enfermement  qui engendre une révolte irréversible.

La majorité devient alors le symbole d’une minorité de cons, insignifiants.

 

Oumar Sall


Cimetière d’esclaves à l’abandon. Honte & Tristesse

 

 

Art. 14. Les maîtres seront tenus de faire enterrer en terre sainte, et dans les cimetières destinés à cet effet, leurs esclaves baptisés ; et à l’égard de ceux qui mourront sans avoir reçu le baptême, ils seront enterrés de nuit, dans quelque champ voisin du lieu où ils seront décédés.

Code noir de 1685

 

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Sifiso Selemé, mémoire de rien. Par Oumar Sall

Etre, tu es.

Etre tué en Afrique du Sud parce qu’on est immigré.

Dans les hostels (anciennes habitations des mineurs) des faubourgs de Soweto où vivent près de 4 millions de personnes, la violence qui y avait régné en mai 2008 est sans nom. Pendant que des immigrés étaient chaleureusement assassinés par certains, d’autres leur volaient téléviseurs et électroménagers. La faim, semble-t-il, justifiant les moyens. Barbarie d’un autre âge qu’aucune crise ne peut et ne doit tolérer. Il ne peut être accepté que le peuple sud-africain reconduise contre autrui la violence dont il a été victime du temps de l’apartheid. Il ne peut en tirer aucune légitimité.

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Les crises identitaires ne sont solubles ni dans la démocratie, ni dans le développement. Par Yidir Plantade

La proclamation de l’indépendance de la république de l’Azawad par le MNLA, organisation politico-militaire essentiellement composée de Touareg, replace d’éclatante façon la problématique identitaire au centre des préoccupations internationales. Cette évidence semble pourtant difficile à accepter pour certains analystes. Ainsi, dans une tribune publiée le 29 mars par Le Monde.fr, Serge Michailof, chercheur à l’IRIS, professeur à Sciences-Po et consultant pour la Banque mondiale, évoque la nécessité de “la restauration de l’Etat de droit au Mali”, laquelle passerait par des “programmes de développements de grande ampleur”, en sus d’une “nécessaire réponse militaire”. (Lire plus…)


Culture, art et conflits – par Oumar Sall


Ce qui a été fait ne peut-être défait (. . .) ce qui suit ne peut être prédit ( . . ), à l’irréversibilité, la seule réponse est le pouvoir de pardonner, à l’imprévisibilité le pouvoir de promettre. Le pardon délie ce qui est lié, la promesse enchaîne ce qui est incertain.
 Paul Ricoeur

Des multiples manières d’aborder ce thème, celle qui nous interpelle et nous concerne le plus en tant qu’acteur d’un continent qui bat le record des conflits sociaux, est celle de voir l’art et la Culture comme pouvant aider, sinon à résoudre, du moins à prévenir les conflits.

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